HISTOIRE

L’HISTOIRE DE LA CORSE — Première partie

Célèbre pour Napoléon, Tino Rossi et autres fromages de chèvre, la Corse est l’île méditerranéenne encadrée dans le coin en bas à droite des cartes de France ( quand ce n‘est pas carrément à gauche en plein océan Atlantique ). Pour éviter que les médias ne la cantonnent dans les bulletins météorologiques, elle doit avoir recours à un attentat, à des inondations ou à une tribune de supporters qui s’effondre.

Elue régulièrement miss Beauté, l’île présente une large variété de paysages qui va des falaises de Bonifacio au désert des Agriates, en passant par la forêt de Vizzavona et la zone industrielle de Bastia. Selon une expression commune à bien des guides « la Corse est une île dans la mer ». Cette particularité permet à ceux qui ne se sont pas noyés dans le golfe de Porto le matin, de se casser la jambe l’après-midi en skiant sur le monte Cinto.

La Corse, c’est l’île aux mille villages – chacun étant le « plus ancien village de montagne » - perchés à flanc de coteau comme autant de nids d’aigles inexpugnables, comme autant d’invincibles citadelles surplombant le maquis, comme autant de points d’attache reliant les Corses dispersés à travers le monde, bravant les siècles, le soleil implacable et les orages de fin de soirée du mois d’août, accessibles seulement par des routes aux mille virages et aux mille points de vue sur les décharges publiques enfumées ou les carcasses de voitures rouillées.                                                                 

Une île très occupée

Peuplée dès le néolithique avant J. -C., la Corse est entrée dans l’histoire sous le nom de Kyrnos et le surnom de « Kallisté » ( « la plus belle » ). Ce haut lieu du tourisme a accueilli tour à tour les Torréns, les Ibères, les Celto-Ligures, les Grecs, les Etrusques, les Phéniciens, les Phocéens et les Carthaginois qui, tous, restèrent à bronzer sur la plage plutôt que de tracer le sentier de grandes randonnées numéro 20 ( ou GR 20 pour les plus pressés ).

Les Romains colonisèrent l’île durant sept siècles et des calendes. Ce qui laissa largement le temps au général Marius de distribuer des terres à ses vétérans Bataves, Gaulois ou Germains. A leur contact, les Corses se mirent à parler l’argot bas-latin avec l’accent traînant du bon représentant de Casanis.

Au V° siècle de notre ère, les Vandales, qui portaient décidément bien leur nom, saccagèrent l’île pendant une centaine d’années et importèrent dans la plaine orientale l’anophèle, un moustique porteur du paludisme. La mouche tsé-tsé, facteur de paresse, n’a, quant à elle, jamais survolé la Corse: elle s’est endormie avant de l’atteindre. Une villégiature d’une trentaine d’années suffit aux Lombards pour codifier la « dette du sang » ou « vendetta », coutume qui réduit avantageusement les frais de tribunaux. La règle en est enfantine. Supposons que la famille Mantegazziani ait subi un affront de la part de Bruno Léandri. Les Mantegazziani devront alors se venger en tuant non seulement Bruno, ce qui est la moindre des choses, mais aussi le plus possible de Léandri. De leur côté, les Léandri survivants tenteront d’occire un maximum de Mantegazziani pour venger leurs morts. Au fil des ans, des générations et des poignards, Léandri et Mantegazziani se trucideront ainsi allègrement ( même s’ils ont oublié le motif de cette querelle ) car la malheur est censé s’abattre sur la première famille qui rompt la chaîne.

Les Sarrasins n’occupèrent pas cette île catholique, mais ils y firent de nombreuses incursions, chaque fois si brèves que les Corses ne surent jamais distinguer les Barbaresques des Berbères, ni les Arabes des Maures. De nos jours, cette confusion persiste.

Au XI° siècle, la Rome pontificale chargea les Pisans d’administrer la Corse, mais, connaissant leurs penchants pour les constructions bancales, leur demanda d’attendre l’arrivée des Génois pour se lancer dans des travaux de construction. Grands bâtisseurs, les Ligures s’installèrent sur l’île du XII° au XVIII° siècle et léguèrent à la postérité des tours et des ponts que les connaisseurs nomment dans leur jargon obscur « tours génoises » et « ponts génois ».

Un peu agacés par toutes ces allées et venues, les Corse débutèrent en 1729 la grande révolte de l’indépendance. Vingt-six ans plus tard, Pascal Paoli fut proclamé chef de la nation par le peuple, et despote éclairé par Voltaire et Rousseau, pour une fois d’accord. Révolutionnaire avant l’heure, Paoli reste méconnu. Plutôt que de prendre le pouvoir en France et de mettre l’Europe à feu et à sang, ce Corse se contenta de relancer l’économie de son île, d’imaginer l’université de Corte, de donner le droit de vote aux femmes, de décréter la séparation des pouvoirs, de rendre l’enseignement obligatoire et de lancer le fameux slogan « les hommes naissent libres et égaux en droits ». Il donna à la Corse une constitution républicaine qui aurait inspiré celle des Etats-Unis. C’est du moins une opinion partagée par plus de Corses que d’Américains.

En 1762, la Corse est pratiquement libre. Du passage de Paoli reste principalement le drapeau à tête de Maure qu’il imposa et qui, à l’origine, évoquait l’ancien ennemi vaincu. Cette explication est, selon les historiens, la seule à être aussi vraisemblable qu’une vingtaine d’autres.

Afin de ne pas perdre la Corse, à laquelle elle tenait beaucoup, Gênes, comme elle l’avait déjà fait dans le passé, loua les services militaires de la France qu’elle rétribua en 1768 par la cession de l’île. Désormais la fleur de lis cache la forêt de châtaigniers, le coq métropolitain chante sur le dos de l’âne insulaire et Louis XV prend le maquis.

La Révolution institua le français comme langue obligatoire sur l’île, contraignant Buonaparte à se transformer en Bonaparte, puis en napoléon Ier. En 1790, la Corse devient un département français et la France un continent.


Un texte " tèchjement " écrit et aimablement prêté par
IGWAL et HAUDIQUET
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